Rodolphe CAILLAUX (1904 - 1989)
 
 
 
 

Rodolphe Caillaux, l'un des peintres expressionnistes les plus doués de sa génération fit, après la guerre, sensation au Salon des Peintres Témoins de leur Temps et au Salon Comparaisons dont il fut président. Son monde flamboyant ressemble au personnage, puissant, massif, haut en couleurs, truculent.

Peintre musclé de formats démesurés, il triture de lourdes pâtes aux éclaboussures d'un rouge exacerbé, le rouge Caillaux. Son dessin, sobre et grave, est un dessin de style monumental, provocant un choc exceptionnel. Il aime le spectacle, la vie est un spectacle, il aime les clowns, les comédiens et ces autres comédiens que sont les toreros dans leur habit de lumière.

Aussi bien dans ses bouquets de fête que dans les natures mortes, ses paysages et ses figures fortement charpentés, les couleurs s'accordent ou se heurtent tantôt avec des assonances, tantôt avec des dissonances brutales.

Cette maîtrise soigneusement orchestrée est propre à fouetter l'œil.

Sa technique est rigoureuse dans le ruissellement des couleurs. La densité de la couleur rejoint l'intensité du tragique. Comme se fut le cas chez Rouault ou Soutine, Caillaux ne recule pas devant l'audace dans la composition ou dans l'orchestration des tons. Il va droit au but, il débride l'abcès. La beauté barbare de son coloris éveille les métaux en fusion. Son œuvre pathétique proche du drame s'est installée tout naturellement dans les musées et dans le patrimoine des collectionneurs épris d'art vivant.