En 1868, à la fin de sa formation à l’Académie
des Beaux Arts de St Petersbourg, Alexis Harlamoff
reçoit une médaille d’or pour sa peinture “Le retour
du fils prodigue” et une bourse d’étude lui est alors
attribuée. Grâce à celle-ci, il se rend à Paris où
il restera la majeure partie de sa vie.
A cette époque de grande évolution dans l’art Russe
et de l’avènement du Romantisme, apparait
une nouvelle tendance: le Portrait. L’art intéresse alors
de plus en plus la haute bourgeoisie et les artistes
russes trouvent leur inspiration dans le monde qui
les entoure. Ils se mettent à adopter un style
très naturaliste.
Harlamoff perfectionne son style en s’entrainant à
copier de grands maîtres, en particulier Rembrandt et
ses leçons d’anatomie. Il travaille auprès du célèbre
peintre de portraits Léon Bonnat, professeur à l’École
des Beaux-Arts. Sa carrière évolue rapidement et
il devient un portraitiste reconnu, comptant des clients
célèbres comme le Tsar Alexandre II, le Prince
Demidoff – San Demato ou l’écrivain Ivan Tourguéniev.
A partir de 1875, l’artiste expose régulièrement au
Salon de Paris et dans les années 1980 se concentre
sur les portraits d’enfants et de jeunes paysannes, |
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prenant souvent sa fille comme modèle. Ces oeuvres
furent reconnues par les collectionneurs américains et
européens, admirées notamment aussi par
la monarchie britannique en la personne de la reine
Victoria, au Salon International de Glasgow en 1888.
Ces images romantiques reflètent l’innocence et
la beauté des modèles, leur donnant une douceur
mélancolique et parfois contemplative, gommant
l’aspect joueur de l’enfance. Ce Portrait de jeune fille
montre une jolie figure perdue dans ses pensées, à
la maturité supérieure à son âge. Elle ne nous regarde
pas mais regarde hors du cadre, ce qui créé
une nostalgie certaine. La deuxième oeuvre, la jeune
fille au ruban rouge, est différente dans son
approche : le regard direct de la fillette est adouci par
l’expression innocente, complétée par les boucles
retenues avec un ruban de soie et la rondeur
angélique des joues roses.
Le fond nu de ces deux tableaux, typique du style de
l’artiste, donne une simplicité qui intensifie le réalisme
du portrait et cette nudité augmente l’intimité créée
avec le modèle. |