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Entre New York, Paris, Monte-Carlo, Madrid, Buenos-Aires, Londres et d'autres capitales du monde, la figure de Celita de Cardeñas se détache, pas seulement par sa personnalité de la jet set mais aussi par son élégance (une des femmes les plus élégantes du monde selon Vogue).
De grande culture et d'un grand raffinement, elle a été l'amie et collectionneuse de Mimo Rotella, Diego Giacometti, Francis Bacon, Larry Rivers, Andy Warhol et autres grands artistes. Celita de Cardeñas a ainsi constitué une grande collection d'œuvres d'art sélectionnée avec rigueur et goût.
Aujourd'hui, elle nous a fait l'honneur de nous confier une partie de sa collection. Nous tenons à la féliciter pour la diversité de son goût et son soutien de l'art international.
Presque toute sa vie, Diego estima que c'était Alberto, son aîné de treize mois, qui, d'eux deux, était l'artiste. Alberto, ne cessait de décorer de ses dessins les murs de la maison. Diego, de son côté, doué de ses mains depuis l'enfance, rêvait en secret de créer des meubles. Les deux frères, très attachés l'un à l'autre, étaient de caractères très différents : le premier réservé et taciturne, le second beaucoup plus extraverti. Ce fut finalement Alberto qui gagna une renommée mondiale d'abord parmi les Surréalistes, puis en recevant les commandes des plus grands collectionneurs de la première moitié du XXe siècle. Très jeune, Diego reçut le rôle d'assistant, posant comme modèle pour Alberto jusqu'à la mort de celui-ci, à la fois sa muse et son double, l'aidant à trouver des commandes et restant dépendant financièrement de son frère jusqu'à la fin de sa carrière.
Au début des années 50, Diego permit à ses amis de divulguer le secret bien gardé de ses compétences, tout en restant fidèle à ses commandes sans consacrer beaucoup de temps à ses propres créations. Il commença à se concentrer sur la création de meubles, par hasard, lorsqu'il fabriqua des terrasses destinées à embellir des sculptures d'Alberto d'à peine 10 cm de haut.1 Passé maître dans l'art d'assembler des formes simples et géométriques, il créait une pièce de mobilier à la fois proportionné et artistique. Pour chacun des modèles, l'accent était mis sur la fonction et l'inspiration était d'un rigoureux classicisme. Comme les artisans des siècles précédents, il avait un sens infaillible des proportions, évaluant d'un simple coup d'œil les mesures.2
Pourtant ce n'est qu'après la mort inattendue d'Alberto que le véritable talent et la personnalité de Diego se révélèrent. Il avait un don indiscutable pour les meubles mais c'est dans les animaux qu'il puisa son inspiration. Alors qu'Alberto était fasciné par la figure humaine, Diego se focalisa sur le monde animal, héritage de son enfance passée au milieu des animaux du village et des bois de Valle Bregaglia.
Les animaux de Diego sont de petites tailles, dépassant rarement 10 cm de haut. Ils sont supposés être vus de loin et donc buissons et oiseaux, arbre et chevaux sont sculptés en bas-relief plutôt qu'en ronde-bosse. Le résultat est léger et décoratif, animant les consoles et les tables créées. Très souvent, les animaux sont regroupés pour former une histoire.
Avant de créer une pièce de mobilier, Diego en faisait un modèle réduit en plâtre, qu'il soumettait et souvent offrait à ses commanditaires. Il fondait toujours ses objets en bronze, mais insistait pour être personnellement impliqué dans chaque étape de la création, demandant au fondeur de lui envoyer les pièces séparément pour les assembler, les patiner lui-même. Par ce processus, chaque création de Diego est une œuvre amoureuse qui continue de nous enchanter tous.
1 Diego Giacometti. Ed : Christian Boutonnet et Raphel Ortiz. Les Editions de l'Amateur, 2003.
2 Diego Giacometti. Daniel Marchesseau. Hermann, 1986.
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